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Lyon : les ambulanciers manifestent ce vendredi, des opérations escargot attendues sur les axes routiers

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Elsa Robert-Peny

A Lyon, les ambulanciers privés poursuivent leur mobilisation. Ce vendredi 10 juillet, trois cortèges convergeront vers le centre-ville pour dénoncer la crise économique qui frappe leur profession. Des opérations escargot sont prévues sur plusieurs axes majeurs de l’agglomération, en pleine journée de grands départs en vacances.

La circulation s’annonce particulièrement compliquée ce vendredi matin dans l’agglomération lyonnaise. Les quatre fédérations représentant les sociétés d’ambulances privées (CNSA, FNAA, FNAP et FNMS) appellent à une mobilisation « massive » afin d’alerter le gouvernement sur les difficultés rencontrées par la profession.

Trois convois doivent s’élancer simultanément à partir de 8 heures depuis le péage de Beynost (A42), le péage de Limas (A6) et Solaize, avant de rejoindre le centre-ville de Lyon en menant des « opérations escargot ». Les manifestants prévoient notamment de passer par le pont Lafayette avant de rejoindre l’Agence régionale de santé (ARS), rue Garibaldi, dans le 7e arrondissement.

Une profession en grande difficulté

Les ambulanciers affirment traverser une crise qu’ils qualifient de « structurelle ». Selon les fédérations, les entreprises subissent à la fois une baisse de leurs recettes et une explosion de leurs coûts d’exploitation.

Elles pointent notamment la diminution des prescriptions de transports sanitaires, liée aux efforts de maîtrise des dépenses de l’Assurance maladie, mais aussi les effets de l’inflation, de la hausse des prix de l’énergie, de la revalorisation du Smic et de l’augmentation des charges liées aux véhicules, aux équipements et aux obligations réglementaires. « Sans action immédiate, de nombreuses entreprises disparaîtront dans l’indifférence la plus totale avant la fin de l’été », ont-elles alerté dans un communiqué.

Les ambulanciers tentent depuis le 26 juin d’interpeller le gouvernement. Après des manifestations à Paris, Rennes, Montpellier, Nancy et ce jeudi à Marseille, ils souhaitent « durcir le mouvement », préviennent les quatre fédérations (CNSA, FNAA, FNAP, FNMS) dans un communiqué commun.

Le mouvement de protestation a débuté le 26 juin et s’est déjà traduit par plusieurs manifestations à Paris, Rennes, Montpellier, Nancy et Marseille. Les fédérations annoncent désormais vouloir « durcir le mouvement » et dénoncent le manque de réaction des pouvoirs publics.

« Le plus pénible est le silence du Premier ministre, qui semble atteint de mutisme », ont-elles regretté. « Il ne semble ne pas réaliser qu’une mission de service public relative à la santé des Français est en train de s’effondrer ».

Le gouvernement assure travailler sur des solutions

Interrogée cette semaine au Sénat, la ministre chargée de la Santé, Stéphanie Rist, a assuré que plusieurs mesures étaient déjà engagées. Elle a notamment rappelé que les ambulanciers avaient bénéficié de l’aide carburant destinée aux grands rouleurs et indiqué que le gouvernement travaillait à réduire les délais d’attente aux urgences, à raccourcir les délais de paiement des hôpitaux, à faire évoluer les missions des transporteurs sanitaires et à simplifier leur gestion.

Des annonces pourtant jugées insuffisantes par les représentants de la profession. Au Sénat, le sénateur Michel Canévet (Union centriste) a rappelé que plus de 150 entreprises ambulancières avaient déposé le bilan ces derniers mois. Selon lui, si les ambulanciers ne sont plus en mesure d’assurer leurs missions, la pression se reportera sur les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), qui « ne pourront suppléer ce que l’Assurance maladie ne peut mettre en œuvre ».