Ancien principal du collège Gabriel-Rosset, dans le 7e arrondissement de Lyon, Xavier Bocquel a été condamné jeudi 11 juin 2026 par le tribunal correctionnel de Lyon à six ans d’emprisonnement, dont quatre ans ferme, pour une agression sexuelle commise sur une mineure.
Âgé de 53 ans, l’homme était poursuivi pour des faits dénoncés à l’été 2025 par la fille d’un couple d’amis. Arrêté puis placé en détention provisoire en juillet 2025, il restera incarcéré à l’issue de sa condamnation. Le tribunal lui a également interdit définitivement toute activité en lien avec des mineurs. À son domicile, l’homme avait procédé à des attouchements sur l’enfant de 8 ans, puis pris des photos intimes qu’il avait ensuite conservé. La victime, qu’il pensait endormie au moment des faits, était en réalité éveillée et a immédiatement révélé l’agression à ses parents après les avoir retrouvés.
Chose relativement rare pour ce type de dossier, le prévenu avait reconnu les faits dès sa garde à vue, puis devant le juge d’instruction. « J’ai beaucoup de mal à décrire l’état émotionnel dans lequel j’étais », avait-t-il déclaré à l’audience. « Je suis horrifié par ce que j’ai pu faire ». Il a également qualifié son geste de « sordide ». « Une barrière morale a cédé. Je voyais ce que je faisais mais je ne comprenais pas », a-t-il ajouté.
Un traumatisme durable pour la victime
Pour les parties civiles, les conséquences de l’agression dépassent largement les faits eux-mêmes. « Cette nuit-là, il n’a pas seulement abîmé son corps mais aussi sa confiance envers les adultes. On ne sait pas avec quelle violence le traumatisme reviendra chez elle », a déclaré Me Nathalie Comi, avocate des parties civiles. À la barre, le père de la jeune fille a salué le courage de sa fille, estimant que sa parole avait peut-être permis de protéger d’autres enfants. « L’actualité récente nous a montré que derrière l’impunité se cachent des schémas de montée en puissance : d’abord une agression, puis un viol, puis un meurtre », a-t-il déclaré. Sa fille, « par son courage à parler, a protégé d’autres enfants. Faisons tous le nécessaire pour que cela n’arrive plus ».
« La justice n’a pas failli »
Lors de l’audience, l’avocate de la défense, Me Marine Follet, a souligné le bon déroulement de la procédure judiciaire. « Cette audience intervient dans un contexte sociétal tendu. La justice n’a pas failli dans ce dossier. On pourra tous se regarder dans les yeux », a-t-elle déclaré.
Le parquet avait requis une peine sévère, qualifiant les faits de « cruauté absolue ». Dans un contexte marqué par une forte sensibilité de l’opinion publique aux violences sexuelles commises sur des mineurs, cette procédure judiciaire apparaît comme exemplaire.








































































































