Des praticiens lyonnais ont découvert que la dermatophilose, une maladie de peau jusqu’ici quasi exclusivement animale, se transmet entre humains. Une quarantaine de cas ont été recensés en France, dont une trentaine à Lyon. L’hypothèse d’une transmission sexuelle est avancée.
C’est une découverte médicale inédite qui vienne de l’hôpital de la Croix-Rousse. Des médecins lyonnais ont identifié pour la première fois des cas de transmission interhumaine de la dermatophilose, une maladie bactérienne de la peau jusqu’alors connue presque exclusivement chez les animaux. Bovins, chevaux, moutons en sont les hôtes habituels ; seuls quelques rares cas humains avaient été documentés depuis 1974, chez des agriculteurs, vétérinaires ou cavaliers au contact direct des bêtes.
Tout commence par un signalement atypique. Le Dr Maxime Bonjour, médecin en santé publique au Cegidd de Lyon, centre de dépistage du VIH et des infections sexuellement transmissibles, observe chez certains patients suivant un traitement préventif contre le VIH des pustules et des croûtes localisées sur les parties génitales, la barbe ou le torse. Les analyses confirment la présence de Dermatophilus congolensis, la bactérie responsable de la dermatophilose.
Particularité frappante : les neuf premiers cas lyonnais étudiés n’avaient eu aucun contact avec des animaux. En revanche, tous avaient fréquenté des saunas gays et eu des rapports sexuels, comme d’autres hommes touchés simultanément en Espagne. « Nous formons l’hypothèse que cette bactérie se transmet sexuellement, lors de contacts rapprochés de peau à peau, que favoriserait un environnement chaud et humide », explique le Dr Bonjour, co-auteur d’une étude publiée dans la revue Emerging Infectious Diseases.
Au 1er juin, une quarantaine de cas avaient été recensés en France, dont une trentaine à Lyon. Bonne nouvelle toutefois : la maladie « se traite très facilement, par antibiotiques et soins locaux ». Pour le Dr Bonjour, cette découverte illustre le concept One Health, l’interdépendance entre santé humaine, animale et environnementale. L’agence sanitaire européenne ECDC doit publier un premier rapport sur le sujet ce jeudi.







































































































