LYON 1ère

Le rideau s’est refermé sur The Big Lebowski pour clore le festival Lumière 2026

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Laura Nodari

Accompagnés de leurs compagnes respectives, Tricia Cooke et Frances McDormand, les frères Coen sont venus saluer une dernière fois le public lyonnais à la Halle Tony Garnier.

Face à l’ovation d’environ cinq mille spectateurs et la timidité des lauréats, Thierry Frémaux a mis en évidence « une magnifique torture » imposée au frères Coen qui ont l’habitude d’être dans l’ombre, derrière la caméra.

Toutefois, leur discrétion ne les a pas empêchés de partager leur humour sur scène pour remercier ce vif accueil.

D’une part, Joel s’est enthousiasmé : « C’est merveilleux et d’ailleurs on vous invite tous à dîner après ! »

D’autre part, Ethan ajoute sa reconnaissance d’être à Lyon qu’il désigne comme la capitale du cinéma : « On est dans la cité où le cinéma est né. Il y a quelque chose de palpable, de réel. Etre là, c’est une chose extraordinaire ! »

Lors de la conférence de presse le samedi 17 octobre, ils avaient d’ailleurs loué les mérites du Festival Lumière : « Le festival défend merveilleusement le cinéma en salle, ensemble, le cinéma comme il doit être vu. On est en France, on est à Lumière c’est presque une religion ici. »

Après cette reconnaissance affirmée envers les cinéphiles présents, le duo a présenté la fameuse comédie, The Big Lebowski.

Ils sont notamment revenus, en toute légèreté, sur une anecdote de tournage provoquant des éclats de rire dans la salle. Le personnage éponyme du films, un chômeur qui passe son temps à fumer de l’herbe et à jouer au bowling avec ses amis Walter et Donny, a été incarné par Jeff Bridges. Cependant au moment du casting, l’acteur aurait beaucoup hésité à jouer ce rôle parce qu’il essayait à ce moment-là d’arrêter de fumer des joints : « On lui a dit : ne t’inquiète pas on peut mettre du tabac ou des herbes mais il a répondu « hum, non ça ira » ».

Pour finir, Ethan a affirmé : « J’espère que ça tient encore. Je crois qu’il y a encore quelques moments pas mal, mais je ne suis plus du tout sûr de ce que ça vaut».

Ils ont averti risiblement le public : « Il y a des gros mots ne vous inquiétez pas. » et Frances Mcdormand a prolongé l’avertissement « Ne prenez pas de drogues ! ».

Cet au revoir aux frères Coen n’est cependant pas un adieu. Ils ont annoncé lors de la conférence de presse de la veille, qu’ils réfléchissaient à faire un nouveau film. Les idées abondent :  « Si on fait un film, on fera plaisir à Frances parce qu’elle a envie de voir la fin de la trilogie au Minnesota (Fargo et A Serious Man). On va peut-être se concentrer à ça, pourquoi pas. Faut attendre un petit peu. Ce n’est pas sûr que ce soit le prochain film ».

Ils ont fini sur une pointe d’autodérision attisant l’attente du public sur un éventuel prochain film : « On a plein de scénarios en tête dont un qu’on n’arrive pas à retrouver dans l’ordinateur. C’est vraiment vrai, ce n’est pas une blague. Pensez à imprimer vos scénarios et les mettre de côté on ne sait jamais. » 

Joel a fini plus sérieusement par avouer : « On a plein de scénarios qu’on a vraiment envie de faire ; mais le problème c’est que la culture bouge tellement vite que ça fait très daté. Ce qu’on s’est dit, c’est qu’on pouvait peut-être reprendre l’un de ces scénarios et en faire un film d’époque. On commencerait par une petite carte « écrit sous l’administration Obama. » »

La parenthèse enchantée qu’offre le Festival Lumière, malgré cette actualité désolante, est malheureusement terminée.

Heureusement, Thierry Frémaux nous donne rendez-vous l’année prochaine pour une 19e édition. Maelle Arnaud de l’Institut Lumière a été applaudie pour avoir été l’architecte de toute cette riche programmation appréciée. Les bénévoles ont parallèlement été remerciés et réunis sur scène.