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Prisons saturées : les surveillants pénitentiaires bloquent les établissements partout en France

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Oki Dammery

À l’appel du syndicat majoritaire Ufap-Unsa Justice, les agents pénitentiaires ont bloqué ce lundi les prisons françaises pour dénoncer la surpopulation carcérale et un manque criant d’effectifs. Une situation jugée « explosive » par les syndicats.

Dès l’aube ce lundi 27 avril, des surveillants pénitentiaires se sont mobilisés devant les établissements de toute la France, du nord au sud, de Marseille à Nice en passant par Toulon et Aix-Luynes. Le mot d’ordre est national, lancé par l’Ufap-Unsa Justice : alerter le ministère sur une crise qui s’aggrave.

Sur le terrain, les chiffres donnent le vertige. À Nice, le taux d’occupation dépasse les 200 %. Des cellules conçues pour un détenu en accueillent jusqu’à quatre. Un agent peut se retrouver seul face à 130 détenus. « On tire sur la corde depuis des années et aujourd’hui on ne s’en sort plus », résume Alexandre Caby, secrétaire général du syndicat.

Les conséquences sont directes : délais allongés pour traiter les demandes des détenus, tensions croissantes, et près de 5 000 agressions recensées chaque année contre le personnel. « Nous jouons notre vie à chaque ouverture de porte », témoigne Thomas Forner, secrétaire régional adjoint de l’Ufap-Unsa.

Le syndicat estime qu’il manque 5 000 postes à l’échelle nationale. Et la formation ne suffit pas : l’école pénitentiaire ne forme que 1 600 agents par an, à peine de quoi couvrir les départs en retraite. Les syndicats réclament la création d’une deuxième école.

Face à cette mobilisation, le gouvernement est sous pression. Sans réponse rapide, préviennent les agents, la colère pourrait s’installer durablement.