Crédit photo : Christophe Cédat
La plupart des restaurateurs attendent impatiemment une réouverture de leurs terrasses le 19 mai. Mais Christophe Cédat, gérant du Café 203, a décidé de ne pas rouvrir ses portes avant juin. Invité dans le Grand Direct, il nous raconte les raisons de ce choix et nous parle de la mise en scène qu’il a créée dans son établissement du 1er arrondissement.
Alors que la réouverture des terrasses des restaurants est prévue le 19 mai, Christophe Cédat, le gérant des enseignes Café 203, a décidé de ne pas ouvrir. Il refuse de rouvrir ses restaurants-bars du Vieux Lyon et de l’Opéra, « pour pouvoir ouvrir dans des conditions décentes ». Et pour cela, il a fixé sa propre réouverture au 1er juin.
Un geste de fraternité, comme il le raconte. Car le gérant explique qu’avoir une terrasse est un privilège et que seuls « 30 % des restaurateurs possèdent des terrasses ». Il craint également que les restaurants se transforment en « buvettes géantes », à cause de l’afflux de clients, et du nombre de places disponibles. Surtout que les terrasses ne pourront accueillir que 50 % de leur effectif habituel.
Autre problème soulevé par Christophe Cédat : le couvre-feu à 21h. D’après lui, à la réouverture des terrasses, « on va avoir une espèce d’hystérie entre 18h et 21h ». Le gérant explique que les restaurateurs « ne sont pas compétents » pour affronter la foule de clients qui risquent de se presser sur les terrasses. Il ajoute également qu’il faut rester prudents, pour ne pas risquer de se transmettre le virus.
Durant ce dernier confinement, les restaurateurs ont également perdu de nombreux employés. Le gérant des enseignes Café 203 raconte avoir perdu 30 % de ses salariés, « 10 % avant l’annonce des réouvertures et 20 % supplémentaires après, parce que les gens n’ont plus envie de travailler dans ces conditions ».
Une mise en scène près de l’Opéra
Christophe Cédat n’est pas nouveau dans l’art de la mise en scène. En 2020, alors que son restaurant subissait une fermeture administrative, il décide d’installer un cercueil devant son établissement. Et cette année, pour dénoncer la fermeture des restaurants, il a créé un « mausolée à la mémoire des vivants, à la mémoire de ces lieux de convivialité et d’échanges, si précieux ».
Pour cela, il a installé des mannequins, des masques et des panneaux portant des messages tels que « Pas de futur ». Une mise en scène étonnante, mais qui a réussi à attirer l’attention des passants. En effet, Christophe Cédat annonce avoir reçu plus de 300 signatures et messages de soutien dans le registre qu’il a laissé devant son enseigne. Un moyen, selon lui, « de garder un lien un peu mystique » avec ses clients.
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