Ouverte le 15 juin 2026 dans le 5ᵉ arrondissement de Lyon, la crèche Jeanne Barret est la première crèche municipale de plein air de France. Inspirée des modèles scandinaves, elle mise sur une pédagogie au contact de la nature pour favoriser le développement, l’autonomie et le sommeil des tout-petits.
A la crèche Jeanne Barret, on prend son repas dans l’herbe, et on fait la sieste sous les arbres. Depuis le 15 juin 2026, la structure accueille 20 enfants âgés de 15 mois à 3 ans, encadrés par huit professionnelles volontaires. Le principe est simple : toutes les activités qui peuvent être réalisées à l’extérieur le sont, dans le respect de protocoles de sécurité adaptés.
Selon Lisa Gauthier, adjointe au maire de Lyon chargée de la Petite enfance et de la Parentalité, cette pédagogie est « très bénéfique à la santé psychique et physique des enfants ». Elle met notamment en avant les progrès observés en matière de développement moteur et cognitif, de mémoire, d’attention, d’autonomie et de qualité du sommeil.
Et les bénéfices ne concernent pas uniquement les enfants : Clémence Nayrand, directrice de la crèche Jeanne Barret, constate également des effets positifs sur les équipes. « On se trouve moins fatiguées, parce qu’on travaille dans un environnement beaucoup moins bruyant qu’en intérieur », explique-t-elle.
Les premiers retours des familles vont dans le même sens : « Les parents voient que leurs enfants dorment mieux, sont plus à l’aise dans leur façon de bouger. Ceux qui étaient un peu inquiets au départ à cause des aléas de la météo ou de la qualité du sommeil de leurs enfants sont finalement rassurés. »
« Un modèle d’écologie »
Au-delà de ses bénéfices pour les tout-petits, cette crèche, dont le coût s’élève à 1,67 million d’euros, s’inscrit plus largement dans une stratégie globale de la Ville de Lyon en matière de petite enfance.
« Notre objectif est de développer ce type d’équipement et d’investir dans les espaces de nature au sein des crèches partout où c’est possible. Douze projets sont en cours et vont permettre la création de centaines de berceaux pour répondre aux besoins des familles », souligne le maire, Grégory Doucet.
Lors du précédent mandat, 71 millions d’euros ont été investis dans la petite enfance. Aujourd’hui, 900 agents municipaux assurent chaque jour l’accueil des enfants, pour une capacité totale de 5 000 places dans les structures publiques collectives et familiales.
Après l’ouverture de la crèche associative de plein air La Souris en Herbe, sur l’esplanade Mandela dans le 3ᵉ arrondissement, la municipalité entend poursuivre cette dynamique. D’ici à 2027, plus d’une cinquantaine de crèches devraient ainsi bénéficier d’un espace vert, lorsque les contraintes techniques propres à chaque établissement le permettent.
« On a le projet de faire de nos crèches des modèles d’écologie », explique Grégory Doucet. Parmi les objectifs cités, la Ville souhaite se débarrasser des matériaux toxiques et autres perturbateurs endocriniens qui fragilisent le système immunitaire des enfants.
Des mesures pour répondre au défi des fortes chaleurs
Alors que la troisième vague de chaleur de l’année 2026 vient de s’achever, la question de l’adaptation aux fortes températures se pose naturellement. Si la vie quotidienne se déroule majoritairement dehors, quelles que soient les conditions météorologiques, des solutions de repli sont prévues lorsque la situation l’exige.
En période de canicule, les enfants peuvent être accueillis dans un espace intérieur fermé et ventilé. Le bâtiment est équipé d’un système permettant de rafraîchir les locaux pendant la nuit grâce à un flux d’air, afin de maintenir une température plus agréable durant la journée.
Jusqu’à présent, les équipes n’ont pas rencontré de difficultés majeures lors des épisodes de fortes chaleurs. Si la structure accueille habituellement 20 enfants, cet effectif peut être réduit à neuf lorsque les températures deviennent trop élevées, afin d’éviter de surcharger les espaces intérieurs.
« Les parents sont informés qu’ils doivent s’adapter au cas où. Ce genre de situations arrive, mais à l’échelle d’une année, ça reste moindre », souligne Clémence Nayrand. « On essaie de faire notre maximum pour que chacun s’y retrouve. »






































































































