Face à des épisodes de canicule de plus en plus fréquents, le réseau SNCF doit surveiller de très près ses infrastructures. Pour contrôler les équipements les plus exposés, les agents réalisent des « tournées fortes chaleurs ». Lundi 29 juin, une démonstration de ce dispositif était organisée près de la gare de Lyon-Part-Dieu.
Sous un soleil de plomb, les agents de SNCF Réseau arpentent les voies. Leur mission : vérifier que les fortes chaleurs n’ont pas fragilisé les installations qui alimentent les trains en électricité. Alors que le thermomètre continue de grimper chaque été, ces « tournées fortes chaleurs » sont devenues essentielles au bon fonctionnement du réseau ferroviaire.
Car la canicule ne met pas seulement les voyageurs à l’épreuve : elle peut aussi fragiliser les infrastructures. C’est notamment le cas des caténaires, ces câbles qui alimentent les trains en électricité. Sous l’effet de la température, le métal dont elles sont constituées se dilate, et les caténaires peuvent alors se détendre. Si les fils sont trop distendus, le plus grand risque est l’arrachement par le pantographe d’un train, pouvant alors entraîner un arrêt total de la circulation.
« Les fils gardent une tension constante entre 2,5 et 37,5 degrés. En cas de températures extrêmes, la tension varie et il faut les surveiller de plus près, surtout sur les zones critiques comme les aiguillages », explique Christophe David, technicien travaux. « Le fil que l’on utilise pour faire le lien entre les deux voies peut lui aussi s’user plus rapidement en cas de fortes chaleurs. »
Des équipes mobilisées au plus près des voies
Pour parer à toute éventualité, les agents multiplient donc les tournées de contrôle. Celles-ci sont déclenchées en fonction des prévisions et des relevés de Météo-France. Les agents inspectent en priorité les secteurs les plus sensibles, comme les zones de raccordement.
Ces interventions se déroulent en journée, alors que les trains circulent. Pour garantir la sécurité des équipes, plusieurs « annonceurs » sont chargés de surveiller les voies et de signaler l’arrivée d’un train à l’aide d’un avertisseur sonore. « On est généralement au moins trois pendant ces tournées, mais on peut être plus nombreux, en fonction de la taille des voies et de la dangerosité de la situation. Si quelqu’un doit traverser les voies, il faut parfois quatre à six annonceurs pour assurer sa sécurité », précise Christophe David.
En cas d’anomalie, les agents se tiennent prêts à intervenir et à prendre les mesures de sécurité adaptées. Si le problème s’avère urgent, le réseau SNCF peut décider de ralentir les trains, voire d’interrompre temporairement la circulation le temps d’effectuer les réparations.
Des contrôles de plus en plus fréquents
Pour le moment, aucun problème n’a été détecté sur les voies de la Part-Dieu. Mais dans le contexte actuel, ces tournées de contrôle sont appelées à se multiplier. Autrefois réalisées ponctuellement lorsque les températures dépassaient les 30°C, elles deviennent de plus en plus fréquentes avec la répétition des épisodes de chaleur intense.
Ainsi, pendant la semaine du 22 juin 2026, alors que les températures ont parfois dépassé les 40 °C, une dizaine de tournées ont été menées sur le périmètre de la métropole lyonnaise. « Jusqu’à l’année passée, c’était ponctuel quand il faisait très chaud. Cette année, c’est devenu une habitude », observe Christophe David.






































































































