Les habitants le savent : circuler dans l’agglomération lyonnaise est devenu de plus en plus difficile. C’est le constat dressé par la Métropole de Lyon, présidée depuis mars 2026 par Véronique Sarselli. Pour répondre aux difficultés rencontrées par les usagers, l’exécutif métropolitain a présenté le mardi 9 juin 2026 un nouveau plan d’action. Objectif affiché : « rééquilibrer les usages » et « restaurer la fluidité ».
Dans un contexte marqué par des tensions croissantes entre usagers et une hausse de l’agressivité sur la route, la Métropole souhaite mettre en œuvre une nouvelle politique de déplacement. L’objectif principal, selon les mots de sa présidente, sera de « rééquilibrer et fluidifier » en adaptant les plans de circulation, tout en améliorant la qualité du service public. La collectivité entend également « sécuriser toutes les mobilités » et « s’intéresser aux personnes âgées et à mobilité réduite », jugées « oubliées » par la précédente administration.
Une congestion record, et des usagers mécontents
En effet, les chiffres avancés par la Métropole illustrent l’ampleur du problème. Selon le TomTom Traffic Index 2025, Lyon figure parmi les villes les plus congestionnées de France, avec un niveau moyen de congestion qui avoisine les 48 % et près de 121 heures perdues dans les embouteillages aux heures de pointe.
Une étude Ipsos réalisée la même année révèle également une cohabitation difficile entre usagers : 95 % d’entre eux déclarent craindre les comportements dangereux des autres. Parmi les pratiques relevées, 40 % des cyclistes réguliers et 70 % des piétons reconnaissent ne pas toujours respecter les feux ou signalisations d’arrêt, tandis que 58 % des automobilistes déclarent ne pas utiliser leur clignotant sur la route.
Selon une enquête Ifop réalisée pour Lyon Capitale en janvier 2025, 74 % des Lyonnais se disent mécontents des conditions de circulation automobile et 69 % du stationnement. Pour Gilles Gascon, vice-président de la Métropole en charge des mobilités, des transports en commun et de la performance du réseau, ces chiffres justifient la mise en place du nouveau plan : « nous ne faisons pas d’idéologie, il s’agit simplement de respect. »
Un plan d’action en trois phases
La première étape, prévue dès l’été 2026, visera à « identifier les principaux points de blocage » et à mettre en œuvre des corrections rapides. Une plateforme de signalement, baptisée « Ça bloque ? On agit ! », permettra aux habitants de signaler les difficultés rencontrées et de proposer des solutions. L’usage d’une intelligence artificielle pourra ensuite donner lieu à des simulations permettant de « croiser tous les critères » avec les données de terrain afin d’orienter les décisions. « Dans les trente jours, une première cartographie des principaux points noirs sera publiée », affirme Pierre Oliver, vice-président en charge de la voirie, des circulations intelligentes et de la fluidité du trafic.
La deuxième phase concernera la qualité de service des transports en commun. Un audit public de SYTRAL Mobilités portera notamment sur les pannes de métro et de tramway ainsi que sur la disponibilité des ascenseurs et escalators. Enfin, une campagne de sensibilisation intitulée « Tous mobiles, tous responsables » sera lancée à la rentrée afin de promouvoir le respect des règles de circulation et de renforcer la sécurité de tous les usagers.
« Sortir de la guerre des modes »
À travers ce plan, Véronique Sarselli affirme vouloir faire de l’égalité entre les moyens de transports son cheval de bataille. « Ne méprisons aucun usage et ne moralisons personne », résume-t-elle. Une critique plus ou moins directe adressée à la précédente majorité écologiste, qu’elle accuse d’avoir favorisé le vélo au détriment de la circulation automobile. « Il faut sortir de la domination d’un mode de déplacement par rapport à un autre », a-t-elle insisté.








































































































