Ce mardi 12 mai après-midi, les professeurs et étudiants de l’université Lyon II manifestent contre des mesures de restriction budgétaire au détriment du nombre d’heures de cours, du nombre de posts d’enseignants chercheurs et des portefeuilles des étudiants étrangers.
C’est un plan d’austérité unanimement jugé « xénophobe » par les syndicats de la CGT, de l’Union Étudiante, de l’UNEF, par l’association Gaelis contre la précarité étudiante, ainsi que par les professeurs et élèves mobilisés.
L’université Lyon II doit réduire son budget d’1,5 millions d’euros, sous peine d’être mise sous tutelle de la Préfecture. Pour ce faire, l’université est sommée d’une part de réduire le budget lié au personnel et aux heures de travail, d’autre part de mettre en place la stratégie « Bienvenue en France » pour tous les étudiants.
« Bienvenue en France »
La stratégie « Bienvenue en France » qui avait été annoncée par Édouard Philippe en 2018 consiste notamment à faire payer 3000 euros au lieu de 150 euros une année de scolarité en licence aux étudiants n’ayant pas la nationalité française en échange de certaine mesures d’accueil.
« Bienvenue en France » est une mesure qui était déjà autorisée, mais elle était entièrement sous le contrôle des universités. Lyon I et Lyon III n’ont jamais eu besoin de les mettre en place, leur budget étant suffisant pour l’éviter. Lyon II a dû l’appliquer en 2022, mais 500 étudiants étrangers étaient exonérés en raison de leur situation trop précaire.
La présidence demande aujourd’hui à Lyon II de ne plus exonérer que 150 étudiants étrangers. De plus, cette mesure sera étendue aux étudiants en master qui se verront avoir des frais de scolarité de 4000 euros.
« C’est un plan social qui ne dit pas son nom », dénonce Marie Plassard, enseignante chercheuse à la faculté de langue. Les étudiants étrangers ne pourront plus profiter de l’enseignement supérieur français sans avoir 16 500 euros à mettre en frais de scolarité pour des études jusqu’en master.
28 000 heures de cours supprimées
Du côté de la menace de restriction qui pèse l’enseignement et la recherche, les mesures ne sont pas moindres non plus. Ce sont 28 000 heures de cours qui doivent être supprimées, notamment du côté des TD en petits groupes (d’une quarantaine d’élèves).
Certains masters et années préparatoires risquent de disparaître. Des postes d’enseignants chercheurs sont supprimés. Lorsque ceux-ci partent à la retraite, ils ne sont pas remplacés. On compte 27 jets de postes dans la campagne d’emploi rien que pour 2026.
Les 6 postes actuels d’employés de ménage et d’entretien des espaces verts devraient disparaître. À la place, le plan d’austérité prévoit de faire appel à des boîtes privées.
Une journée de mobilisation nationale
« Ce qui se passe à Lyon II ça se comprend dans un contexte national d’étranglement des universités », avance Oriane Sulpice, élue CGT du conseil d’administration de Lyon II. La journée de mobilisation contre les mesures de différenciation est nationale. Des universités à Montpellier, Strasbourg, Poitiers et Créteil ont aussi manifesté.








































































































