Anna Jambon est la représentante du centre culturel arménien de Vaulx-en-Velin. L’occasion de mieux comprendre le conflit armé qui se déroule aujourd’hui dans le Haut-Karabakh, une région ou des populations civiles sont directement menacées par un conflit opposant les Arméniens et Azerbaïdjan.

Notre région est particulièrement concernée car de nombreux français d’origine arménienne résident à Décines, que l’on surnomme « la petite Arménie». Comme le confirme Anna : " Nous sommes évidemment très attachés à l’Arménie. Mais également à notre culture et notre histoire. Après le génocide, beaucoup de réfugiés arméniens sont venus s’installer en France. À cette époque, les gens étaient totalement désemparés... Ils avaient perdu une partie de leur famille. Mais aussi leur pays, donc leur patrie. Une fois installés en France, ils ont souhaité retrouver leur culture en construisant des lieux de commémoration. C’est pour cela qu’aujourd’hui encore la ville de Décines est un lieu de Mémoire arménienne très forte »

Dans l'actualité, en ce moment, les Français et les habitants de notre région entendent beaucoup parler du conflit dans le Haut-Karabakh. Un territoire méconnu : "Il s’agit d’un territoire grand comme un petit département un territoire très enclavé. A l'issue de la première guerre mondiale, Staline avait décidé de rattacher cette zone à l’Azerbaïdjan. Un pays qui venait d’être créé. Cette enclave a donc été intégrée à l’Azerbaïdjan alors que sa population, historiquement, était composée à 99 % d'arméniens depuis plus de 400 ans. À l’époque ce territoire était dirigé par le régime soviétique. Bien plus tard, sous Gorbatchev, des négociations ont débuté pour proclamer son indépendance mais cela n’a pas abouti. Aujourd’hui, plus que jamais, cette zone est l’objet de convoitises. "

Conséquence directe : ses habitants se retrouvent au centre d’un conflit armé particulièrement meurtrier. "Aujourd’hui nous savons, et tous les gouvernements en on la preuve, qu’à la guerre s’ajoute des manœuvres très particulières. Ainsi ont été embauchés des djihadistes qui servent de kamikazes et qui ajoutent à l’horreur de la situation..."

Un conflit dur qui trouve écho dans notre région. Récemment, 0 vienne et à Décines, des affrontements se sont produits entre la communauté arménienne et celle des turcs, dont le pays s'oppose, sur place, à la volonté indépendantiste des habitant du Haut-Karabakh. Des bagarres violentes ont opposé les deux camps lors d'une manifestation. Des lieux de mémoire ont été tagués. Des menaces ont été proférées au point que la Préfecture d'Auvergne Rhône alpes a du mettre en place des mesures spécifiques de renforcement de la sécurité des français d'origine arménienne, basés notamment à Décines et aux alentours.

En attendant une potentielle amélioration de cette effroyable situation, les populations basées dans le Haut-Karabakh sont particulièrement meurtries. Pour leur venir en aide, dans une enclave exposée à plusieurs frontières, la mobilisation internationale, et donc française, a débuté. La Région Auvergne-Rhône-Alpes, notamment, a d'ores et déjà affrété un avion pour y transporter des vivres et du matériel de secours. mais cela ne suffira pas. plus que jamais, la solidarité s'avère nécessaire.

Ecoutez le replay de l'entretien accordé par Anna Jambon sur Lyon 1ère