Lyon 1ERE

LYON ANNONCE SON PLAN DE SOBRIÉTÉ ÉNERGÉTIQUE

Aurore Ployer

Aurore Ployer

Ce mardi 11 octobre, le maire de Lyon, accompagné de ses adjoints, a dévoilé le plan de sobriété énergétique de la ville. Il se fixe l’objectif ambitieux de réduire de 10% la consommation énergétique de la municipalité en un an. L’adjoint à la transition écologique, Sylvain Godinot, a rappelé que la hausse des prix de l’énergie engendrait un véritable « choc financier » pour la commune : elle fait face à surcoût de 25 millions d’euros, « du jamais vu depuis 40 ans ».

Première spécificité lyonnaise, le plan a été élaboré avec les forces de l’opposition au sein d’un groupe de travail rassemblant l’ensemble des partis politiques. Il s’articule autour de trois axes attendus : le chauffage, qui représente les deux tiers de la consommation énergétique de la ville, l’éclairage et un volet prévention avec la transformation des comportements. Grégory Doucet ne souhaitait pas « confondre sobriété et austérité » : aucune fermeture ou baisse de régime des services publics ne sont à prévoir.

18 DEGRÉS POUR 18 MESURES

Parmi le panel des 18 mesures annoncées, il faut notamment retenir que le chauffage sera abaissé à 18° degrés dans les équipements, excepté dans les locaux administratifs, les bibliothèques, les crèches et les écoles, où la température pourra atteindre 19 degrés. Dans les gymnases, les sportifs s’entraîneront à 14°c, et dans les bassins olympiques, ils nageront dans une eau à 25 degrés. Les résidences seniors, qui présentent un public fragile, ne sont pas concernée par les baisses de température.

Les mesures concernant l’éclairage public étaient aussi très attendues : quid de la fête des Lumières ? Grégory Doucet a rassuré les lyonnais : « Il n’y aura pas d’annulation de cet événement qui ne représente qu’une consommation d’énergie marginale, la plupart des éclairages utilisant la technologie led ». L’amplitude des illuminations de Noël sera néanmoins réduite. L’éclairage des 370 bâtiments patrimoniaux sera limité au samedi uniquement jusqu’à 23h.

EXCTINCTION DE L’ÉCLAIRAGE PUBLIC ENTRE 2H ET 4H30 DU MATIN      

Le point le plus polémique concerne l’expérimentation de l’interruption de l’éclairage public entre 2h et 4h30 du matin, quatre nuits par semaine (exceptés les jeudis, vendredis et samedis soirs). Pierre Oliver, maire LR du deuxième arrondissement, doute notamment de la pertinence de la mesure dans des quartiers sensibles comme celui de la Guillotière. L’écologiste Sylvain Godinot, en se basant sur l’expérience d’autres villes, assure quant à lui que statistiquement, « cela n’entraîne pas une hausse de l’insécurité » et que cela peut même « engendrer une baisse ».

Une charte de bonne conduite et de sobriété est en cours d’élaboration d’ici le 16 octobre avec les commerçants de la ville et les structures subventionnées.

Au maximum, le plan permettra d’économiser quatre millions d’euros sur les 25 millions de surcoût. Des solutions seront à trouver pour boucler le budget 2023. Un comité de suivi des mesures sera chargé d’évaluer la bonne tenue des objectifs du plan. Les groupes d’opposition espèrent en faire partie.