Des policiers se sont rassemblés pour manifester ce mardi à Lyon, en réaction aux sentences du procès des jeunes accusés d'avoir attaqué et brûlé des policiers à Viry-Châtillon en 2016. Avec le syndicat Alliance, à l’origine de la manifestation, ils dénoncent une justice trop laxiste et une insécurité croissante du métier de policier.

A l’appel du syndicat Alliance, plusieurs dizaines de policiers ont manifesté ce mardi à Lyon. A l’origine de cette manifestation, le verdict du procès des jeunes accusés d'avoir attaqué et brûlé des policiers à Viry-Châtillon en 2016.

La manifestation a démarré aux alentour de 12h30, devant le palais de justice, dans le troisième arrondissement de Lyon. Plusieurs manifestations de ce type ont eu lieu dans toute la France.

Dimanche 18 avril, le verdict du procès a été rendu. Sur 16 jeunes soupçonnés, 5 ont été condamnés en appel à des peines allant de 6 à 18 ans de prison. Outre ce jugement, les policiers présents dénoncent l’insécurité croissante dans leur métier, ainsi que le manque de sanctions fortes à l’encontre des agresseurs des forces de l’ordre.

Sur place, le syndicat Alliance était notamment représenté par Alain Barberis, secrétaire départemental du syndicat dans le Rhône. Concernant le verdict de l’affaire de Viry-Châtillon, il clame que « les policiers sont vraiment en colère, c’est inadmissible ». Pour le secrétaire départemental du premier syndicat de police, « le message qui est envoyé n’est pas bon du tout ». Sur les attaques à l’encontre des forces de l’ordre, il affirme avec colère qu’il « devrait y avoir des peines incompressibles ».

Des élus et des politiques présents

Entre les policiers et les drapeaux bleus du syndicat se trouvent plusieurs élus et politiques. Parmi les élus, Philippe Meunier, vice-président de la région Auvergne Rhône-Alpes en charge de la sécurité. Concernant les agressions envers les forces de l’ordre, l’élu parle de « scandales à répétition ». Pour lui, il ne s’agit pas d’une question d’effectif, mais de suivi judiciaire : « Les policiers veulent que les délinquants qu’ils appréhendent soient jugés, et que, s’ils sont étrangers, ils soient expulsés. » Enfin, il affirme que l’action des policiers doit être suivi par la loi « de l’Assemblée Nationale, mais aussi par la loi européenne ». « l’Europe passe son temps à protéger ceux qui violent la loi sous couvert des libertés individuelles » dénonce l’homme en costume au milieu des policiers.

Autre politique présent, Andréa Kotarac. L’ancien militant socialiste et membre de l’équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon en 2017 est désormais investit par le Rassemblement Nationale pour les élections régionales, en tant que tête de liste. Sans surprise, le candidat du Rassemblement Nationale parle « d’une inversion des valeurs » et de « voyous qui font régner l’ordre ». Andréa Kotarac pointe aussi du doigt les bagarres qui ont éclaté dans les box entre des accusés, en plein procès. «  Ce qui prouve que certaines personnes qui ont été acquittées sont coupables », affirme-t-il, avant de poursuivre : « La première réponse, elle est d’abord pénale. »

Un verdict contesté

Concernant les revendications, d’après Alain Barberis, le syndicat réclame « le retour de la peine plancher », et « un observatoire de cette réponse pénale qui sera territorialisé ». Ce dernier point devrait selon le responsable syndical « apporter plus de transparence » concernant les décisions pénales.

Le 8 octobre 2016, 16 personnes avaient attaqué, le 8 octobre 2016, avec des cocktails Molotov, des voitures de police près du quartier de la Grande Borne, zone très sensible de l'Essonne. Avec des assaillants masqués, et impossible à reconnaitre, l’enquête a principalement reposé sur des témoignages, parfois contradictoires.

La défense a parlé de « graves irrégularités » commises pendant l'enquête, évoquant des faux en écriture ou encore des violences policières en garde à vue. Si la cour a reconnu « la volonté claire des assaillants de provoquer la mort des victimes », l’annonce du verdict a provoqué une levée de boucliers.