Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire depuis 2011, et tête de liste Parti communiste, alliée à la France Insoumise, Ensemble et Génération Climat pour les prochaines élections régionales, était l’invitée de la Matinale du week-end ce samedi 27 mars  sur Lyon 1ère.

Elle était déjà en compétition pour cette élection en 2015, et sa liste avait obtenu 5,39% au premier tour. Ce qui ne l’a visiblement pas découragée : « Si on se remet dans la configuration d’alors, une grande partie de la presse qui a pignon sur rue dans la ville de Lyon me mettait largement en dessous de ces 5%.  Nous avions réussi à relever cet objectif en travaillant et en étant présents dans tous les départements de cette grande région. » rappelle-t-elle.

Voici quelques extraits issus de la "Matinale du week-end", sur différents thèmes abordés et les réponses de Cécile Cukierman...

Sur le cumul des mandats… 

"J’ai fait le choix de conserver ce mandat de conseillère régionale parce que j’aime ma région, et ses habitants. Avec des réalités parfois si différentes, on peut avoir des politiques qui nous rassemblent. J’ai envie de continuer cette aventure et de donner pour pouvoir construire avec les uns et les autres notre région. "

Sur la notoriété de Laurent Wauquiez…

"Chacun a sa notoriété, ses qualités et ses défauts. Ce n’est pas LA région de Laurent Wauquiez, mais celle des Auvergnats et des Rhônalpins. Moi je suis la candidate à leur disposition, qui part de leur réalité et qui entend mettre au cœur de ce débat politique leurs préoccupations."

Sur le possible report des dates du scrutin…

"En tant que sénatrice, je m’inscris dans l’esprit des principes de notre République. Ces élections auraient du avoir lieu au mois de mars. Elles sont maintenant reportées au mois de juin.. Déplacer ou modifier des calendriers électoraux doit se faire avec la plus grande prudence, et avec de grandes exceptions. La situation sanitaire n’appelle pas à mettre sous cloche la démocratie locale, au contraire. La demande c’est que le gouvernement s’engage, qu’il ne laisse pas courir des rumeurs, et que nous ayons des engagements clairs et précis sur les modalités de la campagne électorale. "

Sur de possibles alliances avec le PS et les Verts…

"Avec la France Insoumise, nous avons construit ensemble. Il y a eu plusieurs rencontres, et avec l’ensemble des forces politiques de gauche. Nous avons échangé sur les questions de programme et de compétences, de politique sociale, de services publics, de santé. Et ensuite nous avons eu le débat sur le crantage de la liste. Il n’y a pas de politique politicienne. Chacun pose ses atouts et les choses avancent. Cela se construit collectivement et je crois que c’est ça qui est important.

Avec les socialistes, la première chose c’est que les communistes ont fait un choix démocratique face à plusieurs propositions. Ils n’ont pas reconnu l’option de partir avec le Parti socialiste derrière Najat Vallaud-Belkacem. Mais dans cette même consultation, il y a la volonté de poursuivre les discussions avec les uns et les autres, ce qui a été fait. Force est de constater aujourd’hui que chacune des têtes de liste est entrée en campagne depuis. Donc voilà. La capacité à construire ensemble reste ouverte, en avançant avec des conditions et le respect de ce qu’est chacune et chacun. Au premier tour, il y aura un choix et au deuxième tour, je le souhaite, il y aura un rassemblement. Avançons maintenant… "

Sur les transports publics

"Cette question est fondamentale. Les transports c’est d’abord pour aller se former et travailler. Donc une nécessité absolue pour la plupart de nos habitants. On a besoin de + de trains, sur des liaisons saturées et sur des lignes qui sont encore existantes, en faisant revenir le train. Comment on fait ? Ce sont des choix politiques. La Région, sans la SNCF, ne saura pas faire. Donc nous avons besoin d’un opérateur public fort et important pour développer des trains. Le rôle des élus est de mener ce rapport de force pour imposer ce choix d’aménagement du territoire et d’égalité. Un service public doit-il être rentable au niveau financier ou pour les habitants d’un territoire. Pour cela il faut que cela circule aux bons horaires et aux bons endroits, et que les trains partent et arrivent à l’heure. Il faut renforcer les pénalités et investir cet argent issu de ces pénalités dans les lignes et les gares."

Sur l’économie

"Cela fait 17 ans que je suis élue au conseil régional, et j’ai découvert le fonds souverain annoncé par Wauquiez dans la presse. J’attends effectivement d’en avoir les détails et de pouvoir en débattre en assemblée plénière. Il est légitime qu’un président d’exécutif fasse des annonces à la presse mais il est légitime aussi qu’il informe l’ensemble des élus. Je crois que chacune et chacun doit être respecté. De ce que j’en ai vu, on est sur une remobilisation de fonds existants, et de toute façon, il y a besoin de faire beaucoup +. Dans chaque déplacement, je rencontre des femmes et des hommes qui ont peur pour l’avenir de leur emploi. Ils sont dans des grandes entreprises ou des groupes qui décident de restructurer et de fragiliser l’emploi. Nous allons vivre une casse sociale dramatique pour des milliers de personnes. On a besoin que l’argent de la Région qui est mis à disposition des entreprises soit conditionné, à la création ou au maintien de l’emploi, à la formation, à l’amélioration du travail des salariés, au respect de l’environnement. "

Cécile Cukierman a également développé d’autres propositions dans les domaines du social, de l’écologie, de la sécurité et de la culture.
Vous pouvez écoutez l’entretien en intégralité ici :