Depuis le 15 juillet dernier et jusqu’au 3 janvier prochain, le Musée des Beaux arts a le plaisir de présenter l'exposition « Picasso. Baigneuses et baigneurs ». À cette occasion Sylvie Ramond, directrice du musée des Beaux-Arts de Lyon, s'est confiée au micro de Lyon 1ère.

L'exposition trouve son origine dans le tableau peint par Picasso en 1937 : Femme assise sur la plage. Ce tableau iconique est dans les collections du musée des Beaux-Arts de Lyon depuis 1997 après avoir été légué par l’actrice-collectionneuse Jacqueline Delubac.

Sylvie Ramond nous a expliqué avoir toujours rêvé de présenter ce tableau avec deux autres, avec lesquels il constituerait une série peinte en 1937 : la Grande baigneuse au livre conservé au Musée national Picasso à Paris et La baignade à la Fondation Peggy Guggenheim à Venise. Ces œuvres sont pour elle d'une grande mélancolie, prenant les allures de baigneuses de pierre, auxquelles l'artiste a donné une apparence pétrifiée.

Dans les forêts, sur les rivages, dans le cœur de l'estran ou encore à la guerre l'exposition réunit autant de lieux pour aborder le thème de la baigneuse ainsi que la question du rapport entre peinture et sculpture dans le travail de l’artiste espagnol.  Elle nous explique ce qu'est pour elle la particularité de cette exposition :

Aller découvrir ces œuvres est l'occasion d'une véritable immersion au bord de l'eau à travers le regard du grand maître espagnol mais aussi des artistes qui l'ont inspiré comme : Jean Auguste Dominique Ingres, Paul Cézanne ou Auguste Renoir.

Mais, Sylvie Ramond nous explique pourquoi Picasso a particulièrement sa place à Lyon : 

Cette exposition est un événement très important pour le musée des Beaux arts de Lyon, or elle a failli ne pas voir le jour.

Devant initialement se terminer début juillet, elle devait être inaugurée le 18 mars alors que tout a été fermé au 16 mars et qu'elle venait tout juste de finir d'être mise en place. Sa directrice Sylvie Ramond a passé les deux mois du confinement à renégocier avec les préteurs d’œuvres afin d'obtenir l'autorisation du report de cette exposition ainsi que sa prolongation.

C’est donc seulement depuis le 15 juillet que l’exposition a pu accueillir ses premiers visiteurs et cette dernière pourra séjourner à Lyon jusqu’au 3 janvier 2021.

Ils ont été agréablement surpris, lors de la réouverture de leurs portes, à voir que les visiteurs étaient nombreux à revenir au musée. Pour Sylvie Ramond, cela résulte du travail de l'équipe de communication pendant le confinement qui a redoublé d'initiatives sur le site internet du musée et sur les réseaux sociaux. Ils ont ainsi pu réaffirmer leur présence et ont choisi de communiquer, non pas sur l'exposition Picasso, mais sur l'importance de leur collection permanente dont ils sont particulièrement fières de part sa richesse qui s'étend de l'antiquité à nos jours.

Cependant, le musée reste confronté à des astreintes, des contraintes très drastiques, avec des visites qui sont limitées à dix personnes et avec pas plus de cent visiteurs en même temps pour l'exposition Picasso. Elle espère donc qu'avec le temps, ces mesures deviendront moins restrictives. C'est le vœu qu'elle forme avec le reste de son équipe pour une rentrée ancrée pleinement dans la culture.