A l’appel de la Confédération Paysanne, plusieurs agriculteurs et éleveurs se sont réunis ce lundi à Lyon. Les manifestants réclament une nouvelle PAC qui prendrait notamment plus en compte les petits exploitants. La réforme instaurant la future PAC doit entrée en vigueur début 2023.

Des agriculteurs, menés par la Confédération Paysanne, ont manifesté ce lundi à Lyon. Ils veulent une Politique Agricole Commune plus juste socialement et plus écologique. La réforme de la PAC, actuellement en négociation au sein de l’Union Européenne, doit s’appliquer à partir de janvier 2023.

Le cortège, parcouru des drapeaux jaunes de la Confédération Paysanne, s’est réuni en début d’après-midi place de l’Europe à Lyon, avant de marcher vers la place Bellecour, dans le 2e arrondissement. Le syndicat agricole se révèle être le principal organisateur de l’événement.

"La PAC n'est pas un tiroir-caisse"

Nicolas Girod, éleveur dans le jura et porte-parole de la Confédération Paysanne, distingue « trois mesures principales qui auront une incidence ». Eleveurs et agriculteurs réclament dans un premier temps « le plafonnement et la dégressivité des aides » à partir de 45 000 euros par actif.

Le porte-parole affirme que « la PAC n’est pas un tiroir-caisse, la PAC est là pour activer des leviers ». « La deuxième mesure, c’est le paiement redistributif sur les premiers hectares […], on aimerait qu’il soit doublé », ajoute-t-il. Enfin, ils souhaitent la mise en place d’une aide forfaitaire de 5 000 euros par ferme, pour « les oubliés, toutes celles et ceux qui ne touchent rien ou presque de la PAC », clame Nicolas Girod.

"On est là pour une autre PAC".

La manifestation a rassemblé agriculteurs et éleveurs de plusieurs départements. La Confédération Paysanne de l’Ain et sa porte-parole Alice Courouble ont par exemple fait le déplacement à Lyon. Cette dernière, armée d’un drapeau, résume : « On est là pour une autre PAC. » Plus que des revendications précises, les manifestants souhaitent une PAC qui combinerait enjeux sociaux et écologiques, et qui favoriserait les plus petits exploitants.

La Politique Agricole Commune, plus communément appelée PAC, existe depuis le 30 juillet 1962. Il s’agit d’un système de contrôle des prix et de subventions à l’échelle de l’Union Européenne. Depuis quelques mois, ministres et parlementaires européens négocient pour élaborer une nouvelle PAC.

En octobre 2020, les ministres des 27 s’étaient accordé sur cette réforme qui doit entrer en vigueur en janvier 2023. Le Parlement Européen quant à lui, a adopté son propre plan de réforme. Si les négociations entre les deux partis, mais aussi la Commission Européenne, semblaient au point mort, elles ont été relancées fin mars. Après une quinzaine de réunions, des accords ont été trouvés.

Dans ce cadre d’âpres négociations, il reste à voir si les exploitants français qui ont manifesté à Lyon, mais aussi à Rennes et à Limoges, arriveront à se faire entendre.