Ce samedi 10 octobre a eu lieu la traditionnelle cérémonie d'ouverture du Festival Lumière. Les mille spectateurs présents ont fêté dignement le cinéma classique avec de nombreux invités prestigieux et la projection Des Tontons flingueurs, de Georges Lautner.

Les spectateurs de la Halle Tony Garnier ont vu un défilé de personnalités et de célèbres amoureux du cinéma. Étaient présents : Viggo Mortensen, Jacques et Stéphane Audiard, Emmanuelle Devos, Lucas Belvaux, Eric Guirado, Vincent Lindon, Laurent Gerra, Irène Jacob, JR, Alice Rohrwacher ou encore Oliver Stone.

Thierry Frémaux, directeur de l'Institut Lumière, a orchestré comme chaque année, cette cérémonie, mais cette fois-ci seul, sans Bertrand Tavernier dont la santé ne permettait malheureusement pas la venue. Il a cependant su parvenir à créer une très bonne ambiance avec les mille personnes présentes, pour compenser l'absence des quatre mille autres spectateurs habituels due à la réduction des jauges imposées par la situation sanitaire.

Il a souligné la particularité de cette 12e édition qui a lieu pour le cent vingt-cinquième anniversaire du cinématographe. Mais aussi, et surtout, son importance pour prouver que l'on ne croit pas à la mort du cinéma et que bien au contraire il occupe une place importante dans la vie de chacun. Même pendant ces durs mois de confinement, alors même que les salles de cinémas étaient fermées, nous avons été témoins de la place qu'occupe le septième art dans notre quotidien en visionnant des films dans notre salon et sur nos écrans. Il a néanmoins fait remarquer que maintenant que les salles obscures ont réouvert, les spectateurs osent revenir les occuper et se sentent de plus en plus en sécurité avec les dispositifs sanitaires. Selon lui, "il faut préparer le monde d'après et dans le monde d'après il y aura le cinéma". Thierry Frémaux a d'ailleurs remercié les salles du Grand Lyon qui accueillent le Festival.

Les éditeurs de DVDs ont aussi été valorisés et cela est redoublé par le Salon du DVD durant la journée de dimanche 11 octobre qui permet de rencontrer seize éditeurs, de véritables artisans du film et retrouver des raretés du cinéma pour une sorte de "circuit court de la vente de DVDs " pour reprendre les mots de Thierry Frémaux.

Lors de cette soirée ont été mis en avant la filmographie de Viggo Mortensen, Oliver Stone mais aussi Jr et Alice Rohrwacher qui ont tous deux co-réalisé un court-métrage diffusé au public de la Halle Tony Garnier. Neuf minutes d'émotion face à ce film aux couleurs écologistes traitant de l'agriculture paysanne. Écologie d'ailleurs mise en valeur par le Festival qui depuis 2009 présente une démarche bas carbone afin de compenser son impact environnemental.

Le cinéma classique, qui ne se résume pas à l'appellation de "vieux films" comme l'a souligné Thierry Frémaux, a donc été fêté évidemment en images mais aussi en musique. Les voix de Joe Dassin et de France Gall sont venues rythmer la soirée, dans les vidéos de présentation du programme du festival. Mais aussi le public a eu le droit a une interprétation en live par le pianiste anglais Steve Nieve, qui accompagne entre autre Elvis Costello ou Morrissey, pour un hommage au regretté grand compositeur Ennio Morricone.

Être masqué n'a pas empêché que l'ensemble des invités est, comme le veut la tradition, monté sur la scène pour déclarer l'ouverture du festival.

Enfin, cette cérémonie a mis à l'honneur le célèbre dialoguise Michel Audiard, avec un petit film regroupant les répliques cultes qu'il a écrites, puis avec les témoignages de deux membres de sa famille : son fils Jacques et son petit fils Stéphane venus assurer la postérité de cette grande figure du cinéma français. Ils ont évoqué leur approche du travail de cet artiste, leur émotion et Jacques Audiard a d'ailleurs mentionné que pour lui "Passer avant les Tontons Flingueurs, c'est comme passer avant les Rolling Stones".

Pour clore la soirée, les spectateurs ont pu rirent tous ensemble devant Les Tontons flingueurs. Un pur moment de comédie et de nostalgie qui a permis de retrouver sur grand écran les inoubliables Lino Ventura, Bernard Blier, Jean Lefebvre, Francis Blanche et Claude Rich. Ce grand classique du cinéma français empreint d'une atmosphère parodique, doit en partie son succès à Michel Audiard qui a su y imposer son style si particulier mêlant langage soutenu et argot populaire pour donner lieu à des répliques cultes.