Ce matin, Latifa Ibn Ziaten s’est rendue à la rencontre des élèves du collège Gabriel Rosset en compagnie du président de la Métropole David Kimelfeld.

La mère d’Imad Ibn Ziafen, tué le 11 mars 2012 par Mohammed Merah, et fondatrice de l’association IMAD pour la Jeunesse et la Paix s’était déjà rendue dans ce collège du septième arrondissement il y a cinq ans. Une rencontre qui avait profondément ému les élèves auxquels elle avait parlé et qui lui avait fait promettre de revenir.

Debout face aux classes de 4ème et 3ème, Latifa Ibn Ziaten a longuement parlé de son combat pour la tolérance et la liberté. “La laïcité nous concerne tous,” assène-t-elle. “Les jeunes sont l’avenir, vous êtes le moteur de la vie.” Elle est revenue sur sa vie de jeune fille marocaine, interdite d’aller à l’école par son père à l’âge de neuf ans, puis sur son départ pour la France à 17 ans, où elle a dû apprendre à lire, écrire et parler le français seule.

“Je suis certaine que certains de vos parents me ressemblent,” a-t-elle dit aux élèves rassemblés dans le gymnase. Et d’insister sur l’importance fondamentale de l’éducation et des études supérieures : “Quand mes enfants passaient un examen, j’avais mal au ventre, on aurait dit que je passais à leur place.”

Les élèves du collège Rosset ont pu librement échanger avec elle sur ses expériences et sa vie, avant et après la mort de son fils militaire sous les balles de Mohammed Merah. Certains lui ont demandé si elle aurait aimé se venger du terroriste, d’autres ce qu’elle avait ressenti lors du procès de ses complices. “Je n’ai pas besoin de vengeance,” a-t-elle répondu, “il y a la justice pour ça. J’ai pardonné à Mohammed Merah ce qu’il était, mais pas ce qu’il a fait.”

Latifa Ibn Ziaten a longuement mis en garde contre les dangers de l’intégrisme, notamment au travers des réseaux sociaux. “L’islam a une certaine souplesse,” dit-elle, insistant que s’il faut que les musulmans de France puissent continuer à pratiquer librement, aucune religion ne peut pour autant être imposée.