Crédit photo : L'envers des Affaires

Ce jeudi 29 avril, le journaliste Karl Zéro était l'invité de l'émission « On en parle ». Il présente son nouveau magazine, « L'envers des Affaires », et se confie sur sa vision du journalisme aujourd'hui.

Le journaliste Karl Zéro revient à ses premières amours, la presse écrite, et sort son tout nouveau magazine : « L’envers des Affaires ». Dans ce nouveau média trimestriel, dont le premier numéro est sorti le 23 avril, il décortique les enquêtes de notre histoire contemporaine. 120 pages à 5,95 € où l’on peut retrouver des articles traitant de la disparition du vol Malaysia Airlines, des dessous de l’affaire Alègre ou encore un portrait extrêmement complet de Michel Fourniret.

Pour Karl Zéro, la principale raison à la création de ce magazine est la surinformation. « Il y a trop d’infos, on n’y comprend rien. Et on a surtout l’impression qu’une information en chasse une autre, ce qui nous donne le sentiment d’oublier tout. »

Prendre « le contre-pied de ce qu’il se fait »

À travers ce nouveau média papier, il veut prendre « le contre-pied de ce qu’il se fait » et « écrire sur ce qui l’intéresse ». Pour lui, cela signifie un média qui prend de la distance avec Internet et les réseaux sociaux. Le magazine ne sera donc pas disponible en version digitale. Mais bien que « L’envers des Affaires » ne soit pas disponible en ligne, son créateur annonce que les quatre numéros annuels ressortiront chaque année, sous forme de livre. Ce magazine est également totalement indépendant, donc sans publicité.

Et pour ce qui est de trouver une audience, le journaliste n’est pas inquiet. « Ces affaires intéressent tout le monde. Il y a un public qui en est friand et qui a envie de savoir plus que ce que les médias traditionnels donnent. »

Redonner du temps aux journalistes

« L’envers des Affaires » est rempli d’articles longs car Karl Zéro veut « donner du temps aux collaborateurs, journalistes, écrivains ou enquêteurs pour travailler ». Grâce à ce nouveau magazine qui se veut « populaire et intelligent », Karl Zéro veut « remettre les journalistes au travail ».

Il souhaiterait que la fast information soit remplacée par de la vraie fouille. « Ce que j’aime, c’est qu’on bosse vraiment, qu’on se donne du mal, qu’on appelle les gens quarante fois, qu’on leur prenne la tête jusqu’à obtenir les rendez-vous. C’est là qu’on est confrontés à la matière première, à la matière brute de ce qui va devenir de l’information. »

Parler de faits divers

Et si ce journaliste a choisi de travailler spécifiquement sur les affaires criminelles, c’est pour « l’humain ». Il ne veut plus interviewer des hommes et femmes politiques, « dans leur rôle de politique, avec leurs fiches préparées par leur entourage », comme il l’a fait pendant longtemps. Parce qu’avec eux, « les vérités ne sortaient pas facilement », lui donnant l’impression d’être au théâtre.

Il veut donner la parole aux proches de victimes, aux victimes qui s’en sont sorties, aux avocats, magistrats et forces de l’ordre car, d’après lui, « humainement, c’est plus intéressant puisque ce sont des gens qui sont confrontés à des choses terribles ».

Et dans ce premier numéro, Karl Zéro « raconte ce qu’il s’est réellement passé » durant l’affaire Alègre. Car en 2003, Patrice Alègre revient sur ses aveux avant d’annoncer que ces derniers avaient été négociés avec le journaliste contre la promesse d’un versement de 15 000 €. Il revient donc sur cette affaire, pour rétablir la vérité, après avoir été accusé « d’escroc, de menteur et d’être abominable ».