Après un début d'année des plus difficiles, les responsables de la filière du café s'inquiètent d'une situation qui pourrait être fatale au delà de la restauration. Hugues Chazottes des cafés Goneo et membre du collectif café et du syndicat du café revenait ce matin dans le Grand Direct sur la crise vécue dans le milieu.

La période de Septembre à Décembre est la plus importante pour les métiers du café. Le froid arrive et les gens aiment se réchauffer avec un expresso amer mais réconfortant. Or, la crise du coronavirus a entrainé la fermeture des bars et restaurants, principaux clients des torréfacteurs et autres fournisseurs. Avec plus de 80% du chiffres d'affaires, c'est donc un coup dur pour le milieu qui a été dans l'obligation de s'adapter. Pour Hugues et les cafés Goneo, ça passait notamment par une modification des activités : "Nous on a accéléré de manière significative sur la gamme grand public qu’on avait promis et qu’on va lancer en début d’année 2021. On essaie de faire du clik & collect, de livrer des clients en Collisimo, des portes ouvertes pour Black Friday." Et si les employés sont quelque peu fatigués par une crise qui semble sans fin, il est essentiel pour Hugues Chazottes d'être avec eux au quotidien : " On essaie de maintenir l’équipe en forme et de garder le moral."

Mais si tout le monde essaye de garder le moral, il devient difficile de résister à la crise pour les entreprises, à commencer par les plus grandes. "Là où c’est plus compliqué c’est pour les plus grosses affaires parce qu’ils sortent beaucoup des clous administratifs pour toucher les bonnes aides.", précisait Hugues. Si les mesures mises en place par le Gouvernement représentent un véritable frein pour les patrons de bars et de restaurants, celles-ci apparaissent comme essentielles pour Hugues qui nous rappellait l'impact plus global de ces fermetures : " Il faudrait qu’on ré-ouvre les restaurants au plus tôt mais on n’est pas là pour prendre des risques sanitaires. Il faudrait encore plus soutenir je pense la filière des fournisseurs . Un restaurant qui ferme c’est pas qu’un restaurant qui ferme, c’est des milliers d’entreprises derrière qui vont de la blanchisserie à la livraison de fruits et légumes qui sont touchées et c’est au rôle de l’état d’assumer le fameux « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron et d’aller jusqu’au bout des annonces."

S'étant rendu aux récentes manifestations des indépendants, Hugues Chazottes a pu voir et échanger davantage avec les commerçants. Et si une certaine colère monte, ce n'est pas le sentiment prédominant de ces derniers : "On a senti qu’il y avait beaucoup de désarroi et d’incompréhension. Il faut bien comprendre qu’on parle de petits commerçants, de petits patrons, de personnes qui ont donné une vie à une affaire et qui voient tout s’envoler."

La fermeture des restaurants et des bars a donc plus d'impact que prévu et il faut espérer que leur réouverture pourra se faire prochainement, au risque de voir tout un secteur sombrer dans une crise sans précédent.

Retrouvez le témoignage d'Hugues Chazottes en intégralité dans le podcast ci-dessous :