Rémy Chabbouh, secrétaire national du Syndicat sud et pompier à Lyon, pousse un cri d’alarme contre les conditions de travail des pompiers, trois jours après l’agression de l’un de ses collègues de profession dans l'Essonne, le soir du 14 juillet.

La colère monte chez les sapeurs-pompiers. L’agression d’un professionnel dans l’Essonne, le soir du 14 juillet, a révélé une fois de plus les dures conditions dans lesquelles ces héros du quotidien exercent leur métier. 

Dans l’agglomération Lyonnaise, alors que 255 plaintes de sapeurs-pompiers ont été enregistrées en 2019, Rémy Chabbouh, secrétaire national du Syndicat sud et pompier 69, lance un message fort :

“Malheureusement, de plus en plus, on a des actes de malveillance et voir même des tentatives de meurtre, parce qu’il faut clairement dire que le terme “incivilité” lorsqu’on met des bouteilles de gaz dans une voiture et qu’on allume la voiture, ce n’est pas de l’incivilité. C’est une tentative de meurtre, voir même plus”, s’exprime-t-il ainsi avant d’ajouter :

“On n'a pas embrassé cette profession pour en arriver à de tels actes. C’est quelque chose qui doit être pris au plus haut niveau de l’Etat, avec des sanctions qui sont sans appel.”

Des mots durs alors qu’il nous informe que sur les dernières 48 heures dans le Rhône, un véhicule a été volé, avec à l’intérieur tout le matériel opérationnel détérioré. Autre constat : de multiples incendies sont aussi à signaler ces derniers jours, ainsi que la découverte de bouteilles de gaz à l’intérieur des voitures en feu.

Un “amalgame” avec les policiers

Rémy Chabbouh pousse également un coup de gueule sur le fait que l’on confonde trop souvent les professions de pompier et de policier. Il se plaint que l’on fasse appel de manière trop régulière à ses collègues durant des manifestations par exemple. 

Leur mission, dit-il, “c’est avant tout de la sécurité, de l’incendie, du secours à la personne. Pas d’aller faire du maintien de l’ordre ou éteindre des feux sur des ronds-points où il y a des manifestants. Éteindre après coup oui, c’est le travail du pompier.

Parce qu’ils portent tous les deux (policiers et pompiers) des uniformes et sont parfois aux mêmes endroits, aux mêmes moments, il pense que la confusion vient de là :

“L’amalgame qui est fait avec le port de l’uniforme aujourd’hui, on le perçoit très clairement. Il y a un désamour vis-à-vis des sapeurs pompiers qui se fait ressentir. C’est lié à notre proximité avec les forces de l’ordre. C’est pas qu’on a quelque chose contre les policiers, mais on n'a pas du tout le même travail. Nous, on est là pour porter secours et les policiers pour faire du maintien de la paix ou du maintien de l’ordre.”