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Ce lundi 3 mai, Ludovic Rioux était l'invité du Grand Direct. Le secrétaire général du syndicat UberEats/Deliveroo Lyon fait un point sur la situation des livreurs à Lyon et en France. Il donne également les revendications de son syndicat, pour améliorer les conditions de travail des livreurs.

Ce samedi, à l’occasion du 1er mai, de nombreux syndicats ont manifesté dans les rues de Lyon. Parmi eux, le syndicat CGT UberEats/Deliveroo Lyon. Et ce n’est pas la première fois qu’ils tentent de faire entendre leur voix. Les livreurs ont, en effet, organisé de nombreux rassemblements pendant ce mois d’avril.

D’après Ludovic Rioux, secrétaire général du syndicat, « on assiste à une dégradation des conditions de travail et à une grosse baisse des rémunérations à Lyon ou même ailleurs ». Parmi leurs revendications, on retrouve donc une augmentation des rémunérations mais également l’accès à l’assurance chômage, aux indemnités ou encore la régularisation des livreurs sans-papiers, « qui sont un certain nombre et qui n’ont pas accès à la Sécurité sociale ». Ils souhaitent aussi l’arrêt des blocages de comptes, « une pratique courante, surtout chez Uber », qui consiste à déconnecter un livreur « du jour au lendemain et donc à le priver de travail ».

Ludovic Rioux dénonce également les comportements des plateformes de livraison. « Ils mettent en avant une flexibilité qui serait avantageuse pour les livreurs. Alors que cette flexibilité est très relative. » Il explique que les livreurs ont, en effet, la possibilité de se connecter et de travailler quand ils le souhaitent. Mais qu'aujourd'hui, lorsqu’ils « reçoivent des commandes entre trois et quatre euros, les livreurs vont être obligés de travailler plus longtemps pour gagner un revenu inférieur à ce qu’ils gagnaient auparavant ». Ce qui les force à « accroître la cadence, livrer toujours plus loin et toujours plus vite pour faire un revenu qui serait plus ou moins correct ». Tout en sachant qu’ils n’ont pas accès aux protections, en cas d’accidents du travail, ni aux congés payés.

Le secrétaire général du syndicat CGT UberEats/Deliveroo Lyon voudrait également que le statut des livreurs soit revu. Aujourd’hui, pour s’inscrire sur ces plateformes de livraison, il faut s’enregistrer comme auto-entrepreneur. Une contradiction, selon Ludovic, puisque les livreurs travaillent pour des sociétés comme UberEats ou Deliveroo.  D’après lui, « il est évident qu’on est exploités ». Il s’insurge également contre la mise en concurrence que la plateforme instaure entre les livreurs et annonce que leurs prochaines batailles porteront « sur le travail dissimulé et l’exploitation de travailleurs sans-papiers qui n’ont pas le droit à la régularisation ».