L’usage détourné du protoxyde d’azote progresse en France, et l’Auvergne-Rhône-Alpes compte parmi les régions les plus touchées. Dans le cadre d’une campagne nationale de sensibilisation relayée par la Préfecture de région et l’ARS, une exposition photo réalisée par des jeunes du Pôle Enfance-Famille de Saint-Priest a été présentée le mardi 23 juin 2026 pour alerter leurs pairs sur les dangers de cette pratique.
Depuis le 22 juin 2026, la Préfecture de région et l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes relaient une campagne nationale de sensibilisation nationale destinée à informer sur les risques liés à ce fléau sanitaire. Des représentants de l’État, de l’ARS et des Hospices Civils de Lyon (HCL) se sont réunis à Saint-Priest le 23 juin 2026 pour marquer le début de cette campagne. L’objectif affiché : sensibiliser les jeunes et leur entourage aux risques sanitaires et sécuritaires liés à cette consommation, tout en facilitant l’accès aux dispositifs d’accompagnement et de soins.
« Le protoxyde d’azote est un vrai fléau sanitaire », a déploré Cécile Courrèges, directrice générale de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes. « À court terme, les risques sont des vertiges, des étouffements, des chutes ou des brûlures. Les effets à moyen terme sont les plus graves : troubles neurologiques, cardiovasculaires, AVC, mais aussi atteintes à la santé mentale, avec de l’anxiété ou de la dépression. On parle de jeunes de 18 à 24 ans qui remettent en cause toute leur vie en prenant un ballon de protoxyde d’azote. »
En effet, les chiffres illustrent l’ampleur du phénomène : entre 2021 et 2025, près de 530 patients ont été recensés par les centres d’addictovigilance de Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble. Plus de la moitié présentaient des complications graves nécessitant une hospitalisation ou entraînant des séquelles durables.
A Saint-Priest, les jeunes passent à l’action
À Saint-Priest, où les bouteilles de protoxyde d’azote abandonnées dans l’espace public sont presque devenues monnaie courante, les jeunes sont directement associés à cette campagne. Des membres du Pôle Enfance-Famille Garibaldi ont ainsi mené un travail de sensibilisation auprès de leurs pairs et réalisé une exposition photographique avec le photographe Vincent Delesvaux.
« Un matin, je me suis levé et j’ai vu qu’il y en avait partout, sur les trottoirs et dans les buissons », se souvient l’un d’entre eux. « On s’est renseignés sur les effets, on a regardé des reportages et on en a parlé autour de nous pour montrer à nos amis que ce n’était pas de la rigolade. Si demain, on peut éviter à un jeune d’en consommer, on sera fiers de nous. »
Le Conseil municipal des jeunes de Saint-Priest s’est lui aussi associé à l’initiative. Ses membres ont réalisé une vidéo « choc », qui sera diffusée sur les ENT (environnements numériques de travail) des établissements scolaires, sur les réseaux sociaux ainsi que lors d’une conférence destinée aux parents et aux professionnels. Des permanences seront également assurées dans certains établissements scolaires. « On a vu beaucoup de bouteilles devant nos lycées, dans nos parcs, et beaucoup d’accidents. De plus en plus de monde en utilise et les conséquences sont de plus en plus graves. On a décidé de lutter contre ça », expliquent leurs représentants.
Une mobilisation qui semble déjà porter ses fruits : « Beaucoup de personnes en parlent désormais. De notre côté, on essaie aussi de sensibiliser et d’en parler le plus possible. »
Au-delà de la santé, un enjeu de sécurité publique
Au-delà des conséquences sanitaires, l’usage détourné du protoxyde d’azote soulève également d’importants enjeux de sécurité publique et routière. Ses effets psychoactifs peuvent altérer la vigilance, la concentration et le comportement des consommateurs, augmentant ainsi le risque d’accidents.
« Il faut d’abord faire de la prévention, de la communication et de la pédagogie. Mais il y a aussi un volet répressif », affirme le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Étienne Guyot. Celui-ci a récemment renouvelé un arrêté préfectoral interdisant la consommation et le transport de protoxyde d’azote sur la voie publique, tout en renforçant les contrôles menés par les forces de l’ordre.
Parallèlement, une proposition de loi dite « loi riposte » est actuellement en discussion. Elle vise notamment à renforcer les sanctions liées à la consommation de protoxyde d’azote. « Le cri d’alarme que je lance, c’est : ne jouez pas avec votre vie et celle des autres pour quelques secondes ou quelques minutes de rire. »






































































































