Alors que la crise sanitaire touche l'ensemble des professions, les étudiants demeurent dans une précarité de plus en plus inquiétante. Outre l'insécurité financière, l'isolement les touche au grès des confinements et des couvre-feux. La situation devient critique à la vue d'étudiants ayant récemment décidés de mettre fin à leurs jours comme ce fut le cas en début de semaine. Mathias du collectif Solidarité Etudiant.e.s Lyon était l'invitée du Grand Direct ce matin et nous éclairait sur la situation de nos étudiants en cette période de crise.

La situation devient de plus en plus difficile à tenir pour les étudiants. La crise sanitaire a renforcé leur précarité déjà inquiétante avec un isolement particulièrement difficile à vivre comme nous le rappelait Mathias ce matin : " Je pense qu’être étudiant en France aujourd’hui et même depuis plusieurs années, c’est lutter contre la précarité, les difficultés financières, les baisses de moral et autres qui sont quasiment inhérentes à notre condition d’étudiant. Après c’est vrai qu’aujourd’hui l’isolement n’aide pas et les cours à distance non plus. C’est difficile de se concentrer, de suivre le cours, de trouver un sens à ce qu’on fait. Il y a en ce moment une période de sens chez les étudiants, de pourquoi on est là."
Par ailleurs, les tentatives de suicide récemment observés dans notre région inquiètent bien qu'elles ne soient pas encore liées à cette situation. " Le fait qu’il y ait ces actes soient rapprochés ça peut que nous indiquer que les étudiants sont en souffrance et qu’il faut les aider au plus vite. " nous précisait Mathias ce matin.

Pour aider les étudiants, des psychologues et assistantes sociales sont présents dans les universités bien que cela semble insuffisant. Pour Mathias, un suivi des étudiants est nécessaire mais nécessite des fonds supplémentaires. "Il faut qu’on arrive à créer un cadre sécurisant pour les étudiants avec de vraies aides et des moyens et c’est ce que se refuse à faire le gouvernement aujourd’hui. On est dans une impasse." soulignait-elle, rappelant que des étudiants boursiers perdent leur bourse à cause d'un redoublement causé par la crise sanitaire.

Relayer la voix des étudiants devient donc essentielle. Face à une crise qui les touche profondément, les étudiants ressentent un besoin d'être écoutés, compris et soutenus. Un hashtag a par ailleurs été lancé en début de semaine, témoignant d'un sentiment de transparence ressenti par beaucoup. Le hashtag #étudiantsfantômes a donc pour but de sensibiliser à la condition des étudiants. Mathias nous donnait son avis sur celui-ci, évoquant également une manifestation à venir la semaine prochaine : " Les mots sont bien choisis : on est là sans être là. Après, est-ce que ça va suffire pour que le gouvernement réagisse ? Personnellement j’ai quelques doutes c’est pour ça qu’on organise une manifestation le 21 janvier à midi au départ de la Manufacture des Tabacs pour essayer de continuer à mobiliser sur ces questions-là. "

Retrouvez l'interview de Mathias en intégralité dans le podcast ci-dessous :