LYON 1ère

UN MILLIARD D’EUROS POUR LUTTER CONTRE L’URGENCE CLIMATIQUE

Emmanuel Rivals

Emmanuel Rivals

Comment et pourquoi lever un milliard d’euros pour créer 100 entreprises afin de lutter contre l’urgence climatique ? Arthur Auboeuf, co-fondateur de Time for the Planet, était l’invité du Grand Direct, ce 14 avril, pour répondre à toutes ces questions.

Le premier outil d’investissement citoyen qui ambitionne de lever « un milliard d’euros pour créer et financer 100 entreprises pensées de A à Z pour lutter contre le dérèglement climatique. » Voici le projet ambitieux de l’entreprise Time for the Planet. Une idée de six entrepreneurs lyonnais qui ont « pris conscience de l’ampleur de l’urgence climatique. » Arthur Auboeuf explique qu’un jour « ils ont eu cette désagréable sensation de nager à contre-courant. »

Au départ, ils voulaient agir en tant que citoyen, mais ils se sont rapidement rendu compte que « sans être le Président de la république, sans avoir vraiment d’influence, il est difficile d’avoir un réel impact. » Alors après réflexions, ils sont arrivés à une conclusion : « l’entreprise est un formidable outil qui peut permettre à chacun de lutter contre le dérèglement climatique à son échelle, tout en ayant un impact mondial. » Ainsi, décembre 2019 a vu naître Time for the Planet.

« Par définition, les entreprises façonnent les modes de vie. Et ce sont ces modes de vie que nous devons décarboner à grande vitesse. » Leur mission, aujourd’hui, est de détecter des innovations qui ont un impact contre les gaz à effet de serre. « On recrute des entrepreneurs, pour les aider à trouver un modèle économique solide et créer des entreprises capables de se déployer très rapidement. » De nouvelles entreprises créées à partir d’innovations radicales qui permettent la non-émission ou la capture des gaz à effet de serre.

Apporter sa pierre à l’édifice

« Tout le monde peut rejoindre l’aventure. » Les innovateurs envoient leur dossier sur le site Time for the Planet, avec leur idée, « qui doit rentrer dans nos problématiques » et puis tout un processus se met en route. « L’innovation sera d’abord évaluée par 2 500 évaluateurs, qui noteront cette dernière selon six critères bien définis. Ensuite, si elle fait partie des meilleures, un comité scientifique prend le relai pour rentrer dans les détails. In fine, un vote est organisé entre tous les associés. » C’est-à-dire pas moins de 19 000 votants.

Ces solutions seront partagées en open source pour permettre ainsi le développement de nouvelles filières regroupant beaucoup plus d’entreprises que la centaine initialement créée. « Des solutions financées par les milliers d’associés. » Et avec un peu moins de 20 000 associés pour le moment, Arthur Auboeuf le sait, « c’est ici qu’on fait toute la différence. » Ce sont alors 3.5 millions d’euros qui ont d’ors et déjà été réunis dans ce projet.

De plus, et ce chaque année, les associés seront tenus au courant de leur performance environnementale, le taux de retour sur la planète. « C’est en fait le nombre de tonnes de gaz à effet de serre non émis grâce à l’investissement. » Une aventure ambitieuse, mais plus qu’importante pour la planète.