Afin de lutter contre la pandémie du Covid-19, le président de la République a annoncé ce mercredi, la mobilisation de l’armée et le lancement de l’opération « Résilience ». Deux navires de guerre sont partis en direction de la Réunion et des Antilles

Pas de guerre classique ou asymétrique

Une guerre loin des guerres classiques ou asymétriques. Ce ne sont plus en effet les guerres classiques qui mobilisent le déploiement des troupes au sol. Ce ne sont pas non plus les guerres à distance de drones de combat dans les régions du Pakistan et de Libye que nous avons pu connaître.

D'après Public Sénat,  "Il s’agit d’une opération que l’on peut qualifier de territoriale. Beaucoup de choses vont se passer au niveau local. L’objectif est de soulager les services publics qui sont dépassés par l’épidémie. L’armée interviendra là où l’Etat ne peut pas le faire", confie-t-on au sein du ministère des Armées.

L’opération "Résilience" a une mission d’importance qui est celle de la préservation de la vie humaine. « Les missions vont s’affiner au fil du temps, en fonction des demandes des préfets et des collectivités territoriales. Cela passera par des évacuations sanitaires, la mise à disposition de bâtiments militaires ou encore des missions logistiques. On évaluera les besoins au jour le jour » ajoute le cabinet de Florence Parly.

Sauver des vies et aider les hôpitaux devant l’ampleur de l’épidémie 

Interrogée sur RTL, la ministre des Armées l’affirme : les soldats ne seront pas chargés d’assurer le maintien de l’ordre ; ils ne sont déployés que pour « aider et soutenir les populations ».

De même Christian Chambon, président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des armées du Sénat annonce l’importance de cette aide : "Il fallait que nos forces armées participent à cet effort national. Nos soldats sont entraînés pour ce genre de missions. Au sein de l’Etat-major, il y a même une certaine fierté à apporter ses compétences lors de crises graves comme celle que l’on traverse actuellement".

L’armée mobilisée dans les DOM

Selon Public Sénat, deux navires de guerre ont d’ores et déjà été mobilisés. Deux porte-hélicoptères Mistral et Dixmude vont mettre le cap respectivement vers l’Océan Indien et les Antilles. L’objectif prioritaire est de soulager les hôpitaux locaux. "C’est une bonne chose, il fallait sortir l’artillerie lourde ! A Mayotte, nous avons aujourd’hui 45 cas de contamination, mais il faut anticiper. Mayotte est un néant médical. Nous ne disposons que de 16 lits en réanimation pour plus de 400 000 habitants. L’envoi de ces bateaux nous rassure, même si l’on ne sait pas très bien quel sera leur rôle précis" reconnaît Thani Mohamed Soilihi, sénateur LREM de Mayotte.

Quant à lui, Laurent Lagneau, chargé de l'actualité de la défense et de la sécurité confirme que "Les PHA de la classe Mistral mettent en oeuvre à leur bord un hôpital de rôle 3, équivalent à celui d’une ville de 20.000 habitants. D’une surface de plus de 950 mètres carrés, il compte une  vingtaine de locaux, dont deux blocs opératoires, un plateau technique, un scanner, des installations de télémédecine et 69 lits médicalisés, dont 50 dédiés aux soins intensifs".

Ces précautions sont là pour permettre aux hôpitaux d'être désengorgés en cas de nécessité. L'armée est présente sur le terrain pour apporter une aide immédiate liée aux risques sanitaires qui ne cessent de s'accroître en ces temps difficiles.

Florence Parly nous dit également sur un tweet que « Les Armées en même temps, continueront à assurer pleinement leurs missions de protection de la France et des Français, sur le territoire national comme à l’étranger ».

L'armée reste prête à intervenir dans ses missions pour aider les hôpitaux et la population civile à faire face à une crise sanitaire de grande importance.